Histoire du livre

Blog-Mirages de l'Art contemporain2Aude de Kerros, dans son ouvrage « L’art caché »,  éditions Eyrolles, consacre un chapitre aux  « Mirages de l’Art contemporain ».
 Extrait des pages 214, 215
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     « Les Mirages de l’Art contemporain », est un livre qui marque une étape dans l’histoire de sa critique. Dans ce livre Christine Sourgins se range résolument du côté des « analystes-critiques » plutôt que des théoriciens légitimateurs. Elle aborde le problème d’une façon inédite jusque-là en critiquant l’AC de l’intérieur, selon les critères qui lui sont propres. Elle déconstruit la déconstruction.

    Ce livre va connaître un grand succès (avec en juin 2009, un 4ème tirage) parmi les artistes qui y reconnaissent d’emblée leurs expériences, inquiétudes et perplexités car « L’Art contemporain » est un concept dont le contenu, inverse de celui de d’art, pose d’immenses problèmes d’identité aux artistes.

     Curieusement, pendant les quinze années de débats théoriques sur la définition et les critères de l’« Art contemporain » entre 1990 et 2005, peu d’artistes sont intervenus. Par ailleurs, aucun sociologue ou théoricien n’a analysé le contenu du discours l’AC…ni ne s’est posé la question d’un choc en retour sur la société. Pour percevoir l’importance de cette démarche, il fallait avoir la fibre artistique, mais seule une historienne pouvait la mener à bien. A cela s’ajoute ses talents d’écrivain lui permettant de déjouer les stratégies sémantiques qui fondent l’AC.

    Le livre de Christine Sourgins dévoile le « fonctionnement » subtil des machines conceptuelles et leurs façons d’agir sur le « regardeur ». Elle montre l’efficacité redoutable d’un art qui, par vocation, use de tous les ressorts de la subversion, agit sur le for intérieur, soumet les esprits non par force mais par ruse. Le formatage des jeunes générations est en marche. A terme, la peinture, même la meilleure, risque de devenir invisible car le travail de sape de l’AC aura détruit ou gravement endommagé les capacités de réception. L’ouvrage révèle l’omniprésence cachée de « l’Art contemporain » dans la société (y compris religieuse), fait dont très peu ont conscience.

     Outre sa grande érudition et la précision de toutes les données dûment référencées, ce livre se lit d’un trait et ne manque pas de nous faire rire comme à la comédie. Il comprend une leçon d’optimisme et d’énergie en démontrant que l’AC n’opprime pas tout seul, il a besoin de nous pour nous opprimer. Le connaître en libère, démystifier le discours le rend inopérant.

       L’ironie change de camp, elle scelle la démonstration du livre.