Jack Lang est lâché, même des médias (!) en raison de ses liens avec Epstein, un pédocriminel « très cultivé » précise Jack. Derrière, il y un montage offshore d’achat d’art contemporain où Epstein investit 20 millions de dollars en 2016. C’est Jack qui achète les œuvres, l’américain n’apparaît pas mais tout le monde se partage les bénéfices. Un projet également discuté avec un financier et mécène de l’Institut du monde arabe (IMA) : le parquet national financier enquête sur un éventuel « mélange des genres ».
Vive la jeunesse et les réseaux !
Officiellement ce fonds Prytanee LLC est méritoire : « il soutient par ses achats de jeunes artistes prometteurs ». Là se dévoile la vraie raison de l’appétence de l’AC pour la jeunesse : point de philanthropie ou de romantisme mais du réalisme spéculatif. Pour spéculer il faut des jeunes, toujours et encore plus de jeunes artistes, car eux seuls ont une cote qui peut grimper fortement. Avec un artiste reconnu dont la cote est déjà forte, la perspective de profit est bien moindre.
N’importe quoi peut devenir de l’AC mais pas n’importe comment, il faut un réseau qui construise de la valeur : Jack Lang a un agenda fabuleux, il connaît tout le monde. En France, quand il était ministre de Mitterrand, il a créé ce monde culturel en institutionnalisant l’AC : nombre de gens haut placés lui doivent tout et n’ont rien à lui refuser. Énième trahison d’une intelligentsia de gauche qui, officiellement, peste contre la vassalisation de l’art par la finance internationale, alors qu’elle s’est alignée (et l’État avec elle) sur le marché financier de l’art new-yorkais … tout en mettant la main dans le pot de confiture. La bureaucratie culturelle et étatique française aura donc contribué à la fabrication de cotes artistiques d’un AC qui a évacué tout critère de valeur esthétique puisque c’est un montage médiatico-financier : voilà pourquoi il fallait déconstruire la beauté !
Too big to fail ?
La justice dira le degré d’ implication des Lang, père et fille, dans cette nouvelle affaire … enfin on l’espère car Jack a un mode de vie très « arty ». Ce terme, forgé en 2008 sur art et sexy ( avec Epstein on comprend mieux pourquoi), connote le mode de vie d’une élite internationale, mélangeant fric, coolitude et transgression. Or Jack a déjà été sous le coup d’une enquête préliminaire pour « abus de biens sociaux » : entre 2003 et 2018, il aurait reçu 47 costumes de Haute-couture, de Smalto en particulier, et des « cadeaux sans contrepartie » pour plus de 500 000 euros. Affaire classée sans suite en 2023 ; pour mémoire, François Fillon fut lynché à la présidentielle de 2017 pour 13 000 euros de costumes seulement ! Lang était donc « too big to fail » ?
Reste à souhaiter que la Justice enquête effectivement sur le patrimoine de Jack et dans tous les sens du terme « patrimoine », svp… A suivre.
Christine Sourgins